De la solidarité à l’engagement : la boucle est bouclée, en musique !

28 mai 2007

 

Un gai après-midi au Clos du Roy, en contact avec de jeunes gens qui avaient beaucoup à partager sur la France, leur ville, leur avenir, les politiques et notre président… Voilà comment s’est occupé mon samedi. Ce quartier, je ne le fréquente pas seulement en campagne : j’y ai habité, j’y est été heureuse, très heureuse même !, et j’y ai des amis.

Donc après-midi au Clos du Roy, au bar du Clos du Roy pour être précise. Et oui ! J’aime les ambiances de bars et de cafés, où une conversation discrète peut sans attendre se transformer en débat général. C’est ce que nous avons tous vécu pendant la campagne présidentielle, et il ne faut pas que cela change ! Tous les jours, je suis sur le terrain, sur un marché, en réunion publique, j’y rencontre des personnes formidables voulant changer la vie, renonçant au fatalisme, formulant de nouvelles idées, m’encourageant dans mes propositions pour un renouvellement profond de la Gauche ici, à Vierzon, et aussi au niveau national.

Aujourd’hui, c’est d’une Gauche de PROPOSITION dont la France et notre circonscription ont besoin. Les réponses ne sont pas dans le passé mais dans l’inventivité, la volonté et sans doute même un peu de hardiesse. Si l’on reste honnête et à l’écoute de ses concitoyens, il ne faut pas avoir peur de proposer, d’aller de l’avant. C’est ma force !

 

Avec les jeunes du Clos du Roy, pendant trois heures, j’ai parlé de solidarité, de proximité et nous avons dessiné ensemble un avenir fondé sur le « donnant-donnant », « gagnant-gagnant ». Idée du programme de Ségolène Royal que j’ai trouvé extrêmement porteuse, dont j’use volontiers pour expliquer l’idée de la France et de la démocratie que je veux encourager. Ces jeunes, nos jeunes, n’ont vraiment pas peur de travailler fort, de travailler dur, ni de donner à leurs proches, à leurs voisins, à leur cité. Mais, sans doute, comme moi, ils ont soif de respect. Alors, ne soyons pas dupes des idées préconçues que les médias et certains politiques veulent imposer.

 

Oui, nous devons être attentifs aux plus petits, aux plus faibles, et les accompagner grâce à une éducation dont on ne réduira pas les moyens ni le personnel ; à des services publics efficaces, de proximité, à la portée financière de tous ; comment accepter les fermetures de bureaux de poste, la désertification sanitaire, l’impossibilité pour les parents de confier leurs enfants à des personnes qualifiées, sans pour autant trancher dans leur budget domestique ?

 

Non, il n’y a pas de fatalité et l’opposition ne signifie pas l’impuissance. Cette force, ma conviction, je les puise dans ce que j’entends, ce que je vois de mes concitoyens.

 

Samedi soir, je me suis offert une soirée inoubliable, avec nombre d’entre vous : les Ogres de Barback, au MacNab, dans le cadre du Festival Cap Scène. Je suis heureuse que cette manifestation ait encore rencontré un franc succès, malgré les changements d’espaces et d’ambiance pas toujours délibérés. C’est à travers ce type de projet culturel ambitieux et riche que l’on crée la cohésion d’un territoire, et des personnes.

Revigorée, tel était mon état d’esprit à la fin du concert et encore aujourd’hui, d’ailleurs. Des chansons et des chanteurs engagés, intransigeants avec leurs valeurs (c’est bien-sûr un compliment), solidaires et à l’écoute. Le film « Laissez-les grandir ici » réalisé par un collectif de cinéastes pour les sans-papiers, avec le soutien de l’association RESF, a clôturé cette très belle, et très poignante, soirée. Autre enjeu qui me tient très à cœur.

Je laisse à vos soins un lien et un texte qui fut l’inspiration de ce film :

 

http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php?article4633

 

Nous sommes des enfants de « sans papiers »

Un sans-papier, c’est quelqu’un qui n’a pas de carte de séjour
même s’il est en France depuis longtemps.

Comme beaucoup d’entre vous, nos parents sont venus d’ailleurs.
Ils ont fui la violence, la misère.
Ils sont venus pour travailler et nous donner une vie meilleure
Certains d’entre nous sont nés ici.
Avec ou sans papiers la France est notre pays.

On vit dans des hôtels meublés, des appartements, des chambres où on s’entasse.
Tous les jours on a peur.
On a peur que nos parents soient arrêtés par la police quand ils vont au travail, quand ils prennent le métro.
On a peur qu’on les mette en prison, que nos familles soient séparées et qu’ils nous renvoient dans des pays qu’on ne connaît pas.
On y pense tout le temps.
A l’école aussi.
Est ce que c’est normal d’avoir peur quand on va à l’école ?

L’été dernier nos parents et nous, on a eu l’espoir d’avoir enfin des papiers.
On a fait des dossiers, on a passé des jours et des nuits à faire la queue devant des préfectures.
On s’est inscrit dans des bureaux.
On a cru qu’on serait régularisés, que le cauchemar serait terminé.
On remplissait tous les critères, mais on nous a dit : non.

Nous sommes venus à visage découvert avec nos noms, nos adresses.
Ceux qui ont eu leurs papiers avaient le même dossier que nous. Et pourtant on nous a dit : non.
Arbitrairement.

Maintenant on est en danger et on doit se cacher.
Pourquoi cette injustice ?

Nous ne voulons plus vivre dans la peur.
Nous voulons que la France nous adopte.
Nous voulons être régularisés.
Laissez nous grandir ici.

Entry Filed under: Campagne au jour le jour. .

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