« L’excellence environnementale : une priorité pour tous, une chance pour notre territoire »

6 juin 2007

J’ai signé, avec conviction et évidence, le Pacte écologique pour les Législatives de Monsieur Nicolas Hulot. Cette démarche est sincère et également un signe aux électeurs de la circonscription que l’enjeu environnemental est, avec l’emploi, les services publics, l’éducation et l’engagement associatif, au cœur de mon projet pour notre département.

Je partage, avec beaucoup d’entre vous, le sentiment d’urgence qu’il y a de réorienter nos modes de développement, de façon à assurer une préservation effective de notre planète pour les générations futures. Cela ne peut se faire, à mon sens, que par des politiques qui régulent, orientent et tempèrent significativement un marché qui n’opère pas spontanément de tels encadrements. Le marché est en effet aveugle au moyen et long termes et n’intègre en aucun cas les coûts liés aux pollutions ou à l’épuisement des ressources. Seules des politiques publiques, qu’il faut bâtir aux niveaux local et national, européen et international, peuvent garantir la prise en compte de cette perspective longue. C’est pourquoi je suis attachée à une forte intervention publique dans le domaine économique.

L’évaluation sociale et environnementale de chaque politique est indispensable. Beaucoup trop de dispositions sont prises sans qu’aucune appréciation objective ne permette de savoir si elles sont effectivement appliquées, d’une part, et si leur application, d’autre part, a bien les impacts souhaités. Ce contrôle, cette évaluation doivent être faits hors de tout groupe de pression.

L’impact sur la santé des différentes activités humaines doit être correctement évalué en amont de la mise sur le marché des produits. Il doit aussi faire l’objet d’un suivi précis grâce au développement de la médecine préventive et singulièrement de la médecine du travail qui doit trouver son indépendance pleine et entière par rapport à l’entreprise employeuse.

Je suis très attachée au rôle des associations pour créer du lien social et des espaces de discussions et de débat citoyen. Les associations de protection de l’environnement, lorsqu’elles s’attachent à mettre en valeur des questions d’intérêt général, sont un maillon important des réseaux d’éducation populaire.

L’éducation à l’environnement doit être pleinement intégrée dans les programmes scolaires. Il me paraît important que les enseignants, comme c’est déjà très fréquemment le cas, s’emparent eux-mêmes de ces questions. Il est également nécessaire d’encourager et faciliter les liens entre le monde associatif et l’école.

Je suis sensible aux différences, voire aux divergences, qui se révèlent parfois entre des documents d’intention très ambitieux de type Agenda 21 et des documents d’urbanisme ou des politiques publiques qui semblent ignorer les premiers. Rappeler aux acteurs locaux la nécessaire cohérence de leurs décisions est donc opportun. Je veux parler et agir en ce sens : l’excellence environnementale passe par l’exemple, et celui des élus et des pouvoirs publics en premier. On m’a parlé du projet du directeur de l’hôpital de Vierzon de rénover le mode de chauffage de l’établissement grâce à la filière bois. J’ignore exactement ce qu’il en est, mais c’est ce type d’initiatives que je souhaite encourager, et accompagner si besoin est.

De plus, il ne faut pas négliger le surcroît d’activité sur le bassin d’emploi berrichon qu’entraînerait le développement de la production de biocarburants et biocombustibles. Notre territoire multiplie les atouts : le département du Cher dispose d’un fort potentiel de production de bioénergies grâce à ses importantes ressources agricoles et forestières ; il est un véritable carrefour géographique bien desservi. Dans mon projet pour le département, tout se tient : le soutien à l’économie sociale et solidaire, les moyens pérennisés pour le tissu associatif, l’emploi et l’excellence environnementale. C’est une logique « gagnant-gagnant » et aussi « donnant-donnant » que je veux instaurer. Pour atteindre cela, la démocratie locale doit être renforcée de plusieurs manières : soutien au tissu associatif, droits de l’opposition, enquêtes publiques et information sur l’action publique, pluralisme des médias, développement des organismes de contrôle.

Les élus socialistes, et moi la première, seront particulièrement attachés à la mise en place de politiques de maîtrise de l’énergie et de diversification de nos ressources. Etant donnés les enjeux stratégiques de la maîtrise de l’énergie à moyen terme, nous pensons indispensable la re-création d’un pôle public de l’énergie autour d’EDF et GDF, peut-être élargi à AREVA et Total. Le retour à des régies pour la production et la distribution d’eau doit aussi être un objectif.

Au sein du Parti socialiste, nous militons pour la création d’une Organisation Mondiale de l’Environnement qui permette de coordonner les actions des États en faveur de la protection de la planète. Parce que, si beaucoup de choses peuvent changer par l’action et les initiatives locales, il ne faut pas négliger l’impact de la gouvernance mondiale et le rôle moteur de la France sur la scène internationale. Nous savons toutefois que les obstacles sont nombreux. Parmi eux, celui auquel nous sommes le plus sensibles est la crainte des « pays du Sud » à voir leur développement entravé par des normes environnementales qui ne s’imposaient pas quand « l’Occident » a connu son développement économique et industriel. Le défi que nous devons relever est la conciliation entre la sortie de la pauvreté au Sud et un développement durable pour tous.

Nous souhaitons réorienter l’agriculture européenne vers une répartition plus juste des soutiens publics, prenant en compte les impératifs de production, de diversification, de présence sur les territoires ruraux et, assurément, de préservation de l’environnement et des paysages. Les évolutions techniques, et en particulier l’irrigation, devront être analysées en regard des évolutions climatiques. La maîtrise de l’évaluation et de l’usage des pesticides est indispensable. Le Parti socialiste s’est prononcé pour un moratoire sur les essais OGM en plein champ.

La protection de la biodiversité passe par des mesures concrètes telles celles mises en œuvre actuellement par le Conseil Général du Cher sur les espaces naturels sensibles. Elle passe aussi par des règles strictes pour refuser la brevetabilité du vivant.

L’outil fiscal peut être utilisé en complément de normes environnementales, là où il est susceptible d’infléchir significativement les comportements. Il doit toutefois s’accompagner de l’évaluation de ses impacts, et notamment de ses impacts sociaux, ainsi qu’être accompagné, en amont, des politiques redistributives nécessaires pour que l’accès aux ressources épuisables (carburants, eau, sols,…) ne devienne pas un privilège des plus riches.

Le chantier est donc grand, ambitieux, mais inévitable et, surtout, porteur d’avenir !

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