La prise en charge du vieillissement et autres enjeux
7 juin 2007
Je pense et je voudrais ici réaffirmer que l’allongement de la durée de vie est une opportunité inédite pour notre société et notre économie – en particulier pour notre économie locale. Il ouvre de nouvelles perspectives à la vie familiale, au dynamisme associatif, à la solidarité. Néanmoins, pour saisir la mesure de ce progrès, il faut consolider et garantir notre système de retraites par répartition, d’une part, et proposer une prise en charge réelle et efficace du vieillissement de la population, d’autre part.
La présidence de Monsieur Nicolas Sarkozy annonce d’ores et déjà le démantèlement de notre système de solidarité nationale, au profit d’une société où l’État se désengage et où chacun est appelé à garantir, individuellement et selon ses seules ressources, son avenir. Ainsi, sur la question des retraites, l’UMP encourage et favorise le développement des systèmes par capitalisation et d’épargne individuelle, qui aggravent les disparités entre régimes et creusent les inégalités.
Je m’engage donc à défendre la justice du système de retraites français, en faisant barrage aux sapes du nouveau gouvernement. Je lutterai, si je suis élue à l’Assemblée, pour imposer sans tarder de vraies négociations avec l’ensemble des partenaires sociaux, afin de dépasser les impasses de la loi Fillon – qui n’a aucunement réglé le problème du financement pérenne des retraites. L’objectif du Parti socialiste est d’aboutir à la revalorisation des petites retraites (un niveau minimal de pension garantie devant s’approcher du SMIC) et à une meilleure prise en compte de la pénibilité du travail.
Le département du Cher connaît le problème de la prise en charge du vieillissement de la population, avec de fortes disparités en termes d’offres d’accompagnement entre les zones urbaines et le milieu rural. Pourtant, il est possible faire de cette réalité démographique et sociale un atout pour notre territoire, en instaurant – je le rappelle encore ! – une logique « gagnant-gagnant » et surtout « donnant-donnant ».
La priorité de l’accès aux soins doit être réaffirmée par la création de maison de soins en zone rurale et le maintien de l’hôpital public sur tout le territoire, ainsi qu’en veillant à une meilleure répartition des médecins et des professionnels de santé. La construction de nouvelles structures d’accueil pour personnes âgées, dont le financement sera assuré par l’État, est également une nécessité. Néanmoins, le désir des personnes âgées de demeurer chez elle aussi longtemps que possible doit impérativement être entendu et respecté. C’est pourquoi je veux développer les services aux personnes âgées et assurer un financement pérenne des associations de maintien à domicile. Dans le même temps, il faut accompagner les professionnels de ce secteur dans leur parcours de formation continue et valoriser ces emplois, afin d’attirer jeunes actifs et nouvelles compétences.
Les échanges avec les habitants de la circonscription tout au long de cette campagne m’ont confortée dans cette idée centrale : tout se tient et tout repose sur l’éducation, la formation initiale et continue. Nous devons être exigeants sur ce point, pour notre circonscription et pour tout le pays. C’est pourquoi la suppression annoncée de la carte scolaire m’effraie pour ce qu’elle signifie pour le pays vierzonnais : les équipes enseignantes et pédagogiques doivent déjà se battre pour conserver leurs moyens, leurs filières. Qu’en sera-t-il lorsque le recrutement des élèves, dès le secondaire, se feront uniquement sur dossier ? Nos établissements ne risquent-ils pas de tomber en 3ème, 4ème zone, et ce malgré les efforts et l’engagement des professeurs et intervenants pédagogiques ? Qu’est-ce que cela signifiera pour les familles ? Le retour de l’éloignement hebdomadaire des enfants dès le plus jeune âge ? A quel coût… Et pour notre bassin d’emploi ? Des compétences acquises ailleurs qui s’emploieront ailleurs… Je ne veux pas cela ni pour notre territoire, ni pour notre enseignement public. Nous pouvons être exigeants avec notre système d’éducation mais si nous lui donnons les moyens de se réformer. La suppression de la carte scolaire dans les zones semi-urbaines et rurales provoquera des déséquilibres majeurs, sociaux, familiaux, économiques.
Il s’agit, sur cette question comme sur d’autres, de ne pas se laisser duper par une rhétorique du « libre choix » développée par le nouveau Président. Un libre choix qui revient à dire, en réalité, « faites-le vous-même ! » sinon tant pis… En tant que socialiste, démocrate et républicaine, ce discours me révolte !
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